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Lettre au pape Jean-Paul ll du 8.7.1999

Très Saint Père,
Vous bénéficiez enfin d'une période de repos et de réflexion, au milieu de ce Grand Paradis qui se poursuit, sans frontière, dans la vallée où je vis, à 20 kilomètres de vous.


Le soir, lorsque la lumière tombe, Très Saint Père, tournez-vous s'il vous plait vers le nord. Moi-même, je suis tournée vers le sud. Ayez une pensée affectueuse pour mon fils, Cédric, dont le corps repose au pied du Mont Chemin.
Quoique vous puissiez penser et quoique l'on puisse dire ou vous dire, c'est en votre nom qu'il a perdu sa jeune vie. Il avait juré de donner sa vie pour vous. C'est chez vous qu'elle lui a été volée.
Je ne vous demande pas de pardonner, car il n'a rien fait de ce dont on l'accuse. Je vous demande simplement de communiquer avec lui, car au-delà de la gestuelle, vous le savez, il existe un espace où vous pouvez lui exprimer tout votre amour et votre confiance. Vous-même, avez dû ressentir ce que VOUS représentiez pour lui et ce n'est que de cela dont il est question.
On vous aura susurrer; elle n'est qu'une pauvre mère désespérée et chimérique qui défend son unique fils contre vents et marées, contre le rationnel et l'ÉVIDENCE!
L'évidence des Hommes n'est-elle pas qu'une facette de leur Ignorance?
Pouvez-vous envisager raisonnablement, qu'une mère puisse sacrifier la présence de son enfant, partant à votre service dans sa Foi incommensurable en vous, que cette même mère puisse chercher un avantage matériel dans la mort de cet enfant?
Il n'en est rien et, si Cédric avait réellement commis ce triple homicide, je me serai simplement inclinée devant cette réalité, le chagrin est le chagrin, c'est une émotion, Cédric, lui, est bien plus que cela.
Le combat que je poursuis, est aussi pour les pontificats, après ma Supplique du 18 septembre 1998, je réitère en ces lignes le même esprit confiant, avec patience et sans acharnement, tant que Notre Père me prêtera vie.
Ma patience est de l'ordre de ce que je supporte dans ce torrent de boue que l'on a déversé sur Cédric, y compris et surtout dans le document publié par le Saint-Siège en date du 8 février 1999.
Nous sommes très nombreux à attendre, le temps, qu'il faudra, afin de réouvrir, au Christ, grâce aux clés de Saint Pierre, les Portes du Vatican
Et puis, je vous- demande de ne pas croire, Très Saint Père, ceux qui vous expliqueront que je cherche à vous insulter ou vous provoquer. Oui, je suis une femme, oui, je suis une mère, oui, je suis protestante, oui je suis divorcée, est-ce une entrave pour l'intelligence du coeur?
Très Saint Père, n'oubliez pas, je vous en conjure, les trois Etres, morts chez vous il y a quatorze mois. Ils vous aimaient et leurs vies ont été offertes pour vous ainsi qu'à la mystérieuse mission spirituelle qui vous a été confiée.
Ne vous permettez pas d'oublier Alois et Gladys Estermann, n'oubliez pas Cédric Tornay. N'acceptez pas qu'on les sépare, ni qu'on les oppose, ils valent bien mieux que cela.

Humblement, Très Saint Père, je vous prie de bien vouloir accepter, mes sincères sentiments de Respect et d'Amour ainsi que mes prières quotidiennes pour votre Personne.

Muguette Baudat